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16 décembre 2020

Confinement et pandémie : des opportunités de grandir pour aider aux plus démunis

Si je devais choisir trois lettres pour résumer notre expérience personnelle et associative face à la pandémie C-19 et le confinement qui l’a accompagnée je dirais : A B C

A comme apprentissages, adaptation et actions alternatives pour continuer à aider aux plus nécessiteux.

B comme bonté, bienveillance,  la beauté de l’humanité qui ont été plus que jamais nos moteurs de motivation et d’action pour donner le meilleur de nous, malgré l’adversité.

C comme coopération , compétences partagées et, coordination admirable des actions faites autrement.

Ces éléments ont été clé pour continuer à avancer et réussir nos projets en cours et même préparer l’avenir dans l’union et la solidarité, avec force et sérénité.

La pandémie au Vénézuela: Une crise dans une autre crise

Selon les spécialistes, la crise du Vénézuela est la plus grave crise à laquelle un pays qui n’a pas été en guerre depuis la deuxième moitié du XX ème siècle a été confronté.

La crise sanitaire vient donc s’ajouter à cette crise socio-économique et politique que vit le pays  depuis plus de vingt ans. L’hyperinflation, la famine croissante, la maladie, le crime et un taux de mortalité élevé a entraîné l’une des migrations les plus massives de l’histoire. Plus de cinq millions de personnes on quitté le territoire en moins de cinq ans. Les conditions précaires des centres de santé où le manque de savon et d’eau ainsi que de l’ensemble des équipements et des fournitures basiques, rendent très difficile la gestion des effets de la pandémie.

Notre réponse pendant la crise sanitaire

Comme pour beaucoup d’ONGs dans le monde, cette année a été tres difficile pour HEALING VENEZUELA. Mais cette situation nous a permis avant tout de prendre conscience que notre bien le plus précieux est la santé. Et que notre mission associative mérite, plus que jamais, d’être poursuivie.

Comme dans plein d’autres aspects de la vie, la pandémie et le confinement nous ont obligé  à réviser nos priorités et à nous concentrer sur moins de projets, afin d’être plus efficaces et pour optimiser au maximum les énergies et les ressources consacrées à notre mission de santé. C’est ainsi que nous avons réussi à aider des milliers de personnes : les enfants ont continué à bénéficier de nos programmes de nutrition et les jeunes médecins ont continué à bénéficier des bourses d’études de spécialisation. Et pour faire face à la pandémie, nous avons pu envoyer du matériel de bio-sécurité pour le personnel médical dans les centres de santé.

Tout cela  a été possible grâce à nos merveilleux volontaires, à nos généreux donateurs, mais surtout grâce à ces personnes extraordinaires qui luttent au quotidien au Vénézuela pour soulager la crise de la santé.

Et en plus nous avons aussi grandi pendant la pandémie !

Car pendant le premier confinement, nous avons fini d’écrire nos statuts et enregistré formellement nos actions en France en tant qu’association partenaire de HEALING VENEZUELA -UK.  Nous sommes maintenant une association 1901 ! Pour cela sommes très reconnaissants de l’accompagnement du Service de la Vie Associative du GRANDLYON qui a été très actif et réactif pendant le confinement: les conseils avisés de Roxane Duvernois et de Maître Costa ont été structurants et rassurants. Nous serons aussi éternellement  reconnaissants  pour le soutien sans faille et l’impulsion que nous a donnés La Maison des Solidarités depuis le debut. Béatrice, Andra et Pierre, avec leurs conseils bienveillants et pertinents, ont été une source vitale de motivation et d’énergies pendant cette période qui nous a permis malgré tout de grandir pour continuer à servir les plus démunis. MERCI !

26 décembre 2020

Le confinement, nous n’y croyions pas vraiment.

Quand l’interdiction de se déplacer est tombée, en mars dernier, nous venions de renouveler une partie de notre équipe de volontaires en service civique.

Il nous a paru difficile de nous enfermer chacun chez nous sans trouver un projet commun qui fédérerait l’équipe, d’autant plus que notre activité s’exerçait alors exclusivement en présentiel. En mars dernier même les programmes de Radio France furent bouleversés et la plupart interrompus.

D’un coup, nous ne pouvions plus faire venir d’invités dans nos locaux, ni les volontaires en charge de la technique. Il a fallu nous réinventer. C’est ainsi que nous avons eu l’idée de La Quarantaine de Tonton Pagou : quarante épisodes de cinq à dix minutes pour raconter un confinement fantasmé.

Toute notre équipe s’est merveilleusement impliquée dans sa création, contribuant aux voix, aux interviews, à la recherche sonore et malgré le contexte compliqué cela restera une très belle expérience. 

L’édition 2 du confinement nous a trouvée mieux préparés, plus libres aussi. Nous avons ainsi pu réaliser des reportages auprès d’associations pour les Dialogues en Humanité, et enregistrer des émissions à distance, notamment avec la Maison des Solidarités, grâce à la magie d’internet. 

Ces confinements nous ont étonnamment permis de resserrer nos liens. Le télétravail nous a imposé un point quotidien favorisant la circulation des informations au sein de l’équipe et l’entraide. Ce sont des éléments que nous aurons à cœur de conserver quand la situation reviendra un peu plus à la normal. 

Bubble Art

15 décembre 2020

Aujourd’hui, l’Afrique subsaharienne ne déplore qu’un 1,7 million de cas de COVID 19 pour 75 millions de cas mondiaux. Le nombre de décès déclarés pour toute l’Afrique est de 40 000 et reste inférieur au nombre de décès français !

Pendant la même durée de temps (estimation faite sur les données des années antérieures), l’Afrique aurait eu à supporter :

  • 100 000 000 nouveaux cas de paludisme avec une très forte mortalité infantile
  • 600 000 nouveaux cas de SIDA
  • 300 000 000 nouveaux cas de diarrhées infectieuses et plus de 100 000 décès d’enfants de moins de 5 ans

La COVID 19 prend tout le terrain médiatique et agrège l’ensemble des financements internationaux au détriment des réelles priorités de santé publique africaines (vaccinations, paludisme, diarrhées, SIDA…). Les programmes de soins préventifs, curatifs, et palliatifs concernant ces maladies sont également perturbés par la pandémie de COVID 19.

L’OMS estime que le manque actuel d’approvisionnement en médicaments anti-paludéens et de moustiquaires imprégnées d’insecticide serait responsable d’un doublement des décès liés au paludisme en Afrique subsaharienne en 2020. Elle prévoit également un doublement du nombre de décès liés au SIDA si la pénurie d’antirétroviraux qui frappe actuellement cette région se prolonge plus de 6 mois.

La lutte contre la COVID 19 ne doit pas se faire au détriment des priorités de santé publique africaines au risque d’observer à la fin de l’année une augmentation dramatique des pertes humaines qui dépasseront très largement celles associées directement à la COVID 19.

Pierre Flori, président de l’association Biologie sans Frontières